Histoire de Dauphins
Histoire de Dauphins
Les Dauphins, comme tout ces grands Mammifères marins, sont des animaux qui ont toujours fasciné les hommes. Vivant en Auvergne, au beau milieu de la France, je n’échappe pas à cette règle et j’en suis certainement davantage fascinée que je suis loin de voir un de ces magnifiques animaux dans un de nos lacs ou une de nos rivières !
Mais voilà… la magie de la Vie fait que j’ai une amie en Afrique du Sud qui a une vue imprenable sur la mer et un endroit particulier où chaque année elle peut admirer Dauphins et Baleines. Et cette amie, outre les histoires qu’elle me raconte en direct, a justement écrit une histoire de Dauphins sur son blog.
Si vous êtes un fervent lecteur de Zoom Terre vous aurez aisément deviné que l’amie dont je parle est Bianca Gubalke. Son histoire de Dauphins m’a beaucoup touchée et je n’ai pu résister à en faire la traduction en français… à une échelle beaucoup plus petite et moins dramatique, elle me rappelle mon sauvetage de Canard.
Voici donc la traduction de l’article de Bianca :
Communicating with Dolphins II – Communiquer avec les Dauphins II
Communication au niveau subconscient
Mardi dernier, quelque chose de très fort en moi-même ne m’empêchait pas de penser à ce qui a toujours été très proche de mon coeur… et m’a conduite à écrire un article à ce propos : Communiquer avec les Dauphins.
Mardi était un jour d’hiver orageux, froid et sombre ici à côté du célèbre “Cap des Tempêtes” au bout de l’Afrique du Sud.
Mais il y avait autre chose. C’était quelque chose que j’avais observé dans l’Océan Atlantique que je vois parfaitement depuis l’endroit où je suis assise devant mon PC, et même là tout de suite. Il y avait toute une rangée de vagues abstraites et d’éclaboussures du côté de Kommetjie, légèrement différentes en couleur que les eaux gris foncé de ce jour, courant souvent en diagonale contre le roulement énorme des vagues qui déferlent vers la plage de Noordhoek… et accompagnées de tonnes de mousse. Cela ne semblait pas normal.
Mon regard errait continuellement dans le passé… où il avait été banni du même scénario étrange. Je l’ai mentionné quand nous préparions le Séminaire Ycademy de Mai 2009. Cependant, expliquer quelque chose en termes d’optique – et particulièrement en se concentrant sur les choses complexes de la discussion – exclut le sentiment extrêment étrange qui allait avec ça… et qui, plus tard dans la journée, m’a obligée à plonger dans les eaux spirituelles où Hommes et Dauphins – ou Baleines – fusionnent…
Je savais peu alors de ce qui se trouvait en avant…
Communication au niveau conscient
Samedi, juste avant que notre Séminaire Ycademy de Mai 2009 ne commence, des amis m’ont sommée de venir donner un coup de main sur la plage de Kommetji où – à ce moment là – 40 Baleines, pour la plupart des femelles enceintes et des baleineaux, s’étaient échoués. Il y avait des Baleines que nous ne voyons pas habituellement, pas des Baleines franches ni des Orques…
Au début, elles ont été faussement déterminées comme des Globicéphales… et finalement c’était des Fausses orques (Pseudorca crassidens), qui sont un des plus grands membres de la famille des Dauphins (Delphinidés). Ils peuvent faire 6 mètres de long et peser jusqu’à 2,2 tonnes.
40 !
J’étais sous le choc !
Ce genre d’échouage en masse ne s’était jamais produit ici auparavant et personne n’était équipé ou préparé à ça. J’ai souvent été en “contact direct” avec eux et ce qui n’a cessé de me fasciner c’est à quel point ces élégants navigateurs sont rapides, souples et puissants. Alors pourquoi finiraient-ils par se jeter eux-mêmes sur la plage de Kommetji ?
Une Mission
Quelle que soit la raison, il y avait le Séminaire et je ne pouvais pas partir… juste me connecter à un autre niveau pendant que je regardais une partie de la plage à distance et beaucoup de monde affluant là-bas – à un tel point que les divisions de police ont dû fermer le secteur pour permettre l’accès aux équipes de secours suD-africaines, les volontaires de l’Institut National de Secours en Mer, aux vétérinaires et scientifiques marins qui sont venus immédiatement et se sont unis pour UNE MISSION : aider ces magnifiques Mammifères à survivre et retrouver leur chemin vers la liberté… dans ce cas, les eaux rudes et glacées de l’Océan Atlantique.
Une Mission difficile étant données les circonstances
Nous connaissons trop peu de ces Mammifères géants – pourquoi se mettent-ils eux-mêmes dans une si fâcheuse situation, et comment devrions-nous réagir à cela ? Un exemple : pour simplement les maintenir en vie, on a besoin de les retourner d’un flanc sur l’autre toutes les 20 minutes afin de réduire la pression sur leurs organes internes. Et ils ont besoin de rester frais – ce qui n’était pas un problème en ce froid jour orageux… Et ils ont besoin de rester humides, ie: hydratés – une tâche prise en main par les nombreuses personnes dévouées venues aider.
“Des centaines de gens avaient mis leurs combinaisons de plongée et s’étaient mises à l’eau pour encourager les Baleines à retourner à la mer. Certains ont nagé loin au-dessus du bris des vagues avec les baleines, uniquement pour regarder les créatures sauvées tourner et chevaucher les vagues qui les ramènent sur le rivage ou les rochers, où ils s’étendent faiblement, vaincus !
Un volontaire a nagé avec un petit baleineau trois fois, puis il est mort. “J’ai posé ma main sur sa poitrine et je pouvais sentir son coeur battre si fort, comme s’il voulait s’échapper puis il s’est arrêté.”
Manque de temps, tempêtes et une mer difficile
De nombreuses bonnes idées et plans – comme celui d’emmener les Baleines à la base navale voisine (Simonstown) et les transporter en bâteau en haute mer ou d’autres options comme l’hélicoptère, barges de débarquement ou tractions – ont dû être abandonnés car le temps et une mer extrêmement mauvaise étaient contre eux.
Les conditions des Baleines se sont détériorées rapidement ; sur la plage, elles suffoquaient vite et douloureusement sous leur propre poids, leurs poumons s’effondraient… les Humains les ont maintenues humides 24/24 et des équipements de terrassement ont été utilisés pour ramener avec précaution ces grands êtres vers leur élément naturel, la mer. Bien que ces gros mammifères soient énormes, ils sont également très délicats. Si vous mettez du sable dans leur évent c’est comme si on vous injectait de l’eau dans les narines.
Mais ce jour là, même la mer étaient contre eux. En dépit des efforts humains désespérés et audacieux les mammifères géants qui auraient pu retourner à la mer… s’échouaient encore, ils ne pouvaient pas – ou ne voulaient pas réussir et au fil de la journée leur nombre est passé à…55.
Mais finalement : sommes-nous autorisés à interférer et les rendre à la mer… peut-être contre la Nature ?
Darlene Ketten, neuro-éthologiste et expert en écoute des mammifères marins à Woods Hole Oceanographic Institution à Cape Cod (Massachusetts, USA) a dit dans une interview sur le sujet :
“Si vous avez un animal et qu’il est échoué et que vous insistez pour le ramener dans la mer, nuisez-vous à la population ? S’il est malade, que faisons-nous à toute la population ? Je ne préconise pas que nous ne devons pas réhabiliter ces animaux, si nous le pouvons. Nous devrions comprendre les causes de l’échouage, mais nous devons également accepter le fait que les échouages peuvent être dans bien des cas des phénomènes naturels.” [...]
Quelle tragédie !
Je n’avais pas pu y être, mais entre-temps j’ai rencontré et discuté avec des personnes qui y étaient… et il est facile d’imaginer le drame qui s’est tramé en réalisant qu’il n’y avait d’autre issue possible pour ces paisibles créatures des mers qu’une sortie finale avec la plus humanitaire option de les libérer de leur extrême douleur.
“Si vous parvenez à remettre l’animal à l’eau et essayez de le faire nager, et qu’il revient deux ou trois fois, la décision qui doit être prise est qu’il ne va pas survivre et qu’un vétérinaire doit l’euthanasier. En fonction de la taille de l’animal, vous ne pouvez pas toujours utiliser des drogues auquel cas l’abattre avec un fusil est la meilleure option.” [Darlen Ketten à propos de l'échouage de Kommentjie]
C’est ce qui s’est produit…
IMAGINEZ… une plage sombre et prête à donner l’assaut et – autour de chaque Baleine – une famille humaine avec beaucoup d’enfants, se parlant, touchant, communiquant… et oui, priant ensemble.
IMAGINEZ… un vétérinaire dévoué que je connais bien essayant d’administrer la dose finale et réalisant que ça pourrait tuer un éléphant… et ça ne marche pas. Quel travail d’amour ! Et quel constat terrible de réaliser qu’il n’y a qu’une seule solution… Et pas de silencieux… et beaucoup de gens, des parents et des enfants, pas disposés à quitter les Baleines.
Cela devait être fait. Il n’y avait plus de temps pour préparer ou organiser, les animaux souffraient.
IMAGINEZ… les émotions à la première semonce. Le chaos, la protestation, la souffrance.
Cela devait être fait. Plus de 40 fois. Jusqu’à ce que la paix soit là.
MAIS IMAGINEZ AUSSI… ces Baleines tueuses ont une bouche remplie de grosses dents acérées… et jamais pendant toute cette tragique opération il n’y eut une morsure, un coup, un geste d’agression. Jamais !
Ils savaient !
L’Homme et la Nature se sont rencontrés dans cet “Espace de Confiance” sur lequel j’écris si souvent… Clairement, il était là, incluant tout le monde. C’était une expérience à un niveau émotionnel très profond où Homme et Nature ne font qu’UN… et une fois que la souffrance, la colère et les frustrations seront passées, la mémoire se manifestera elle-même tel un cadeau d’Amour pour tous.
La leçon est le message
Après quelques recherches sur le phénomène, j’ai découvert que les échouages en masse de Baleines, Dauphins et autres mammifères marins remontaient à l’époque d’Aristote. Toutefois, comme la pollution dramatique de notre magnifique planète s’est tragiquement accélérée au cours des 50 dernières années, sans parler de la pollution de l’eau, du bruit des bateaux et des sous-marins équipés de sonars militaires… et conservant à l’esprit l’extrême sensibilité de ces créatures extraordinaires qui jouent un rôle très important dans l’écologie de nos océans, tout ceci peut mener à une augmentation de ces terribles évènements.
Ce sont des suppositions cependant.
Personne ne sait réellement pourquoi ces échouages se produisent et s’ils sont un signe pour s’inquiéter de choses spécifiques parallèles au fait en lui-même. Sans être une spécialiste dans ce secteur, je crois que cela pourrait être lié à leur système de sonar sophistiqué qui leur permet de s’orienter même si le chemin lui-même a changé – par exemple, un changement de côte à cause de mouvements tectoniques.
Un spécialiste de l’Unité de Recherches sur les Mammifères de l’Université de Prétoria a expliqué que l’échouage “… peut avoir été un mauvais calcul de navigation ou alors l’animal dominant, habituellement une femelle, a pu être malade.”
Communication MAISON
Le fait est que, tout comme nous Humains, les Baleines et les Dauphins sont des créatures sociales qui ont un système de communication sophistiqué. Ils voyagent ensemble en groupe. Il apparaît que si l’un d’entre eux s’échoue, les autres suivent – ce qui peut conduire à des échouages en masse… comme à Kommetjie.
Vivre ensemble. Mourir ensemble ?
Retenons la leçon de cette expérience et… CHANGEONS !
Oui – nous le pouvons… nous ne sommes qu’UN monde… et nous voulons le laisser à nos enfants comme une MAISON où vivre une VIE dans la Joie !
En ce sens, j’attends le prochain film d’un de mes réalisateurs français favoris, Luc Besson (Le Grand Bleu) appelé HOME, recevez le Message, Vivez-le !
MERCI Bianca !!!
J’étais loin d’être là… sur la plage de Kommentjie en Afrique du Sud… mais mon imagination a volé si loin que j’ai frissonné en entendant les coups de feu et sourit à l’idée de cette somptueuse harmonie entre l’Homme et la Nature !!
Laetitia Paris.
| Auteur : Laetitia Paris, Media Marketing & Publications.
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